jeudi 11 octobre 2007

Samedi 2 juin sur la Terre.

Photo Nri Magris

Faire des scènes, c’est chouette. Etre sur scène face à des gens chauds dont une bonne partie rappent tes textes en même temps que toi, c’est bandant. Le deux juin 2007, j’ai eu droit à ça.

J’ai commencé à penser la scène pour mon projet il y a un peu moins de deux ans et j’ai l’immense bonheur de me retrouver avec la formule que j’espérais. Premièrement, mon équipe déchire : elle compte parmi ses rangs mes acolytes Daex et Double A pour les backs et quelques apparitions décisives, DJ Aral toujours opérationnel aux manettes, une ligne rythmique imparable composée de David Arens à la batterie et de Olivier Gillet (OJO) à la basse, ma compagne Cé vient poser sa voix douce ou puissante sur quelques morceaux et Fred Vanberg gère le son. Je peux faire appel également à quelques invités surprise à l’impact évident.

Avec cette formule, on arrive sans trop de moyens à combiner tous les éléments que j’estime nécessaire à mon show. La ligne rythmique apporte une musicalité plus riche sans pour autant faire dans le sophistiqué. On conserve l’énergie brute et nerveuse inhérente au Hip Hop que j’aime pratiquer, on est pile au point d’équilibre pouvant satisfaire les gens de différentes sensibilités. Après une date test en septembre 2006 à Namur qui fut on ne peut plus satisfaisante, on a mis tout en place pour attaquer une fois l’album prêt, c'est-à-dire maintenant, après 1001 péripéties.

Notre première date du « A La Première Personne World Tour » a donc eu lieu le samedi 2 juin au Ptit Théâtre à Verviers, sur mes terres donc. Une date qui restera gravée dans ma mémoire pourtant peu performante. La mise en jambe fut laborieuse : l’après-midi nous devions aller en équipe réduite (sans musiciens ni Cé) à Sclessin pour un petit festival rap-ragga. Trois longs quarts d’heure passés devant un public qui pour la majorité se battait royalement les couilles de notre présence, étant donné que nous n’étions ni Booba ni des potes de leur quartier. Juste de quoi me niquer un peu la voix et me casser un peu (mais pas trop) le moral.

Juste le temps d’ingurgiter un pain saucisse que nous filions chez Aral pour nous changer et prendre le matos nécessaire. L’occasion d’avaler quelques thés, sirops et autres cuillères de miels en espérant que cette délicieuse voix grave et suave que vous aimez temps ne me lâche pas. Nous avions RDV à 20 heures au Ptit Théâtre et par un miracle toujours inexpliquable à ce jour nous sommes tous à l’heure avec tout ce qu’il faut. Etrange. Dans la bonne humeur et la motivation on commence alors à tout brancher pour faire un bon soundcheck quand à 20h10, paf !

Et « paf ! » dans ce cas précis est à traduire par « soudaine coupure de courant dans toute la rue ». « Hahaha, c’est la meilleure », dit-on de cette incroyable coïncidence. Sauf que ça dure 5 minutes normalement ce genre de « paf ! » et là, ça dure bien plus longtemps. Et là, alors que tout le monde y va de sa blaguounette ou de sa parole rassurante, je vis la demi heure la plus longue de la soirée, jusqu’à sentir la crise de nerf poindre.

Le moment où le courant est réapparu, nous avons ressenti une joie sans doute comparable aux hommes préhistoriques ayant fait jaillir le feu de deux morceaux de silex. Si si à ce point là. Il a fallu ensuite passer aux soundchecks qui ont duré environ 27h30 devant une trentaine de personnes déjà présentes. C’est toujours un bonheur ce genre d’expérience.

Ensuite, la soirée a calmement débuté et j’ai eu la joie de voir arriver plein de gens dont la présence me faisait super plaisir. A partir de là, la soirée est devenue mortelle mais le sort ne fut pas plus clément pour la cause. En effet les lecteurs CDs devant lancer les samples et certains beats déconnaient d’une force ultime et ont rendu la tâche plus périlleuse que jamais pour les musiciens et DJ Aral. Mon confort auditif dans les retours était assez mauvais ce qui a participé à m’empêcher de me rendre compte de l’étendue du merdier auquel mes camarades devaient faire face.

Pas grave, pendant plus d’une heure quart, j’ai pris un pied monstrueux face à 200 personnes bouillantes du début à la fin. Tout le monde a fait parfaitement son job, mes invités Bilal et Speaker de Jdeedah y compris. Je suis sorti de scène exténué mais heureux comme rarement. Après 15 minutes passées à parfaire mon imitation de flaque d’eau sur canapé, j’ai pu entreprendre de faire la fête dignement, entouré de plein de gens que j’apprécie et à qui j’avais l’immense bonheur d’avoir fait passer un bon moment, tout simplement.

Ce genre de soirée, ça relance ma motivation pour 15 ans et en vivant ça une vingtaine de fois par an je serais le plus heureux des hommes. Et c’est bien ce qu’on compte faire alors soyez vigilant, on pourrait bien venir faire le coup dans votre coin prochainement…



Aucun commentaire: